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Endométriose ou SOPK : les différences pour ne pas confondre

Deux maladies fréquentes, qui touchent les mêmes âges et dont on parle souvent en même temps. Pourtant, ce qui se passe dans le corps n’a rien à voir. Voici ce qui les distingue, ce qu’elles ont en commun, et pourquoi on peut avoir les deux.

Rédigé par Paul, infirmier, fondateur d’EndoQueen. Mis à jour le 30 octobre 2026. Ce guide informe, il ne remplace pas une consultation.

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Deux maladies, deux mécanismes

L’endométriose : un tissu proche de la muqueuse de l’utérus (l’endomètre) se développe en dehors de l’utérus, sur le péritoine, les ovaires, l’intestin ou la vessie. Nourries par les œstrogènes, ces lésions réagissent aux hormones à chaque cycle, saignent et entretiennent une inflammation (Inserm). L’hypothèse principale est celle des règles qui remontent par les trompes : cela arrive chez presque toutes les femmes, mais seule une minorité développe la maladie, avec d’autres facteurs en jeu (génétique, immunité, environnement).

Le SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) est une maladie hormonale chronique, liée à un dérèglement entre l’hypophyse, dans le cerveau, et les ovaires (ameli). L’équilibre entre deux hormones, la LH et la FSH, est perturbé : l’ovulation devient rare ou absente, et les ovaires produisent trop d’androgènes, des hormones dites masculines. Une résistance à l’insuline est souvent présente.

Leur point commun : chacune touche environ 1 femme sur 10. Pour l’endométriose, l’Inserm parle d’environ 10 % des femmes ; pour le SOPK, les estimations vont de 6 à 13 % selon ameli et les critères utilisés. D’où les confusions.

Le piège du mot « kyste »

C’est l’endométriose qui peut donner un vrai kyste de l’ovaire : l’endométriome, rempli de sang ancien. Le SOPK, malgré son nom, n’en donne pas : les « kystes » sont en réalité de petits follicules qui n’ont pas fini de mûrir et s’accumulent dans l’ovaire (ameli, Inserm).

C’est une des raisons pour lesquelles le nom change. En mai 2026, une consultation internationale publiée dans The Lancet a proposé de renommer le syndrome. En français, ameli et l’Inserm parlent désormais de SMOP, syndrome métabolique ovarien polyendocrinien. La transition doit durer jusqu’en 2028, et beaucoup de soignants disent encore SOPK : ce guide garde ce mot, plus connu.

À savoir : une échographie qui montre beaucoup de follicules ne suffit pas, à elle seule, à parler de SOPK.

Les signes : douleur d’un côté, cycle de l’autre

Dans l’endométriose, le signe phare est la douleur : pendant les règles surtout, mais aussi pendant les rapports, en urinant ou en allant à la selle. La fatigue est fréquente. Certaines femmes n’ont aucun symptôme, et l’intensité de la douleur ne dépend pas du type de lésions (Inserm).

Dans le SOPK, le signe phare concerne le cycle : des règles irrégulières ou absentes. Chez l’adulte, la recommandation internationale de 2023 parle de cycles de moins de 21 jours ou de plus de 35 jours, ou de moins de 8 cycles par an. S’y ajoutent souvent des signes liés aux androgènes : pilosité plus marquée (environ 7 femmes concernées sur 10 selon l’Inserm), acné, chute de cheveux sur le dessus de la tête. Fatigue, moral bas, anxiété ou apnées du sommeil sont possibles, moins constants.

Ce sont des tendances, pas des règles. Les signes se mélangent parfois, et aucun ne permet de savoir seule ce que tu as.

Et le poids ? Sans culpabiliser

Le SOPK vient de facteurs génétiques et de l’environnement : une vingtaine de gènes sont déjà identifiés (ameli). Ce n’est pas ta faute. Ses effets sur la santé, comme le risque de diabète de type 2, existent à tous les poids, y compris chez des femmes minces (recommandation internationale 2023).

Cette même recommandation reconnaît que beaucoup de femmes avec un SOPK subissent des remarques sur leur poids, y compris dans les soins, et demande aux soignants de les éviter. Si le sujet te pèse, tu as le droit de le dire à ton médecin.

Le diagnostic : deux chemins différents

Pour l’endométriose, le médecin s’appuie sur tes symptômes et l’examen, puis sur l’échographie (de préférence par voie vaginale) et l’IRM si besoin. Depuis les recommandations européennes de 2022, la cœlioscopie n’est plus obligatoire pour poser le diagnostic (ESHRE 2022, HAS 2025).

Pour le SOPK, chez l’adulte, il faut au moins 2 critères sur 3, dits de Rotterdam :

Chez l’adolescente, on ne s’appuie ni sur l’échographie ni sur l’AMH : le diagnostic repose sur les troubles du cycle et les signes d’excès d’androgènes. Dans les deux maladies, d’autres causes sont d’abord écartées. Seul un médecin peut poser le diagnostic.

La fertilité : parfois plus long, pas impossible

Selon l’Inserm, des difficultés à concevoir touchent environ 30 à 40 femmes sur 100 avec une endométriose (inflammation, adhérences, ovaires touchés) et environ 1 femme sur 2 avec un SOPK, surtout parce que l’ovulation est rare ou absente. Des solutions existent dans les deux cas, et beaucoup de femmes ont des enfants. Notre guide Endométriose et projet bébé détaille le sujet. Si tu as un projet, parles-en tôt à ton médecin.

Et les deux à la fois ?

Oui, c’est possible. Dans une étude américaine, 5 femmes sur 100 opérées pour un problème gynécologique avaient les deux maladies, contre 2 sur 100 dans un groupe de la population générale (Schliep, 2023, petits effectifs). Une grande étude coréenne, elle, les trouve rarement ensemble (Jeong, 2024). Les chiffres varient beaucoup et les grandes études manquent.

En pratique : si tu as un diagnostic et qu’un signe ne colle pas, par exemple des cycles très irréguliers avec une endométriose, ou de fortes douleurs avec un SOPK, tu peux demander si l’autre maladie a été recherchée. Des règles douloureuses qui t’empêchent de vivre méritent d’être explorées, quel que soit ton diagnostic.

En résumé, côte à côte

EndométrioseSOPK (SMOP)
Ce que c’estUn tissu proche de l’endomètre, hors de l’utérusUn déséquilibre hormonal qui perturbe l’ovulation
Signe phareLa douleur, surtout pendant les règlesDes cycles irréguliers ou absents
Autres signesRapports, selles, urines douloureux ; fatigueAcné, pilosité, chute de cheveux
Les ovairesParfois un vrai kyste : l’endométriomePas de vrais kystes : des follicules en attente
DiagnosticSymptômes, examen, échographie, IRM si besoin2 critères sur 3, autres causes écartées
FertilitéDifficultés chez 30 à 40 femmes sur 100Difficultés chez environ 1 femme sur 2
FréquenceEnviron 1 femme sur 10Environ 1 femme sur 10 (6 à 13 sur 100)

Urgence : appelle le 15 ou le 112 si tu as une douleur brutale et inhabituelle, de la fièvre avec une douleur au ventre, un malaise, un saignement très abondant, ou si tu pourrais être enceinte et que tu saignes ou as mal. Voir notre guide sur les signes d’alerte.

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre endométriose et SOPK ?

Dans l’endométriose, un tissu proche de la muqueuse de l’utérus se développe en dehors de l’utérus et s’enflamme à chaque cycle : le signe phare est la douleur. Le SOPK est un déséquilibre hormonal entre le cerveau et les ovaires, qui perturbe l’ovulation : le signe phare, ce sont des cycles irréguliers ou absents.

Le SOPK, ce sont des kystes sur les ovaires ?

Non. Malgré son nom, le SOPK ne donne pas de vrais kystes : ce sont de petits follicules qui n’ont pas fini de mûrir (ameli). C’est l’endométriose qui peut donner un vrai kyste de l’ovaire, l’endométriome. Depuis mai 2026, les experts internationaux proposent un nouveau nom : SMOP, syndrome métabolique ovarien polyendocrinien.

Peut-on avoir une endométriose et un SOPK en même temps ?

Oui, c’est possible. Dans une étude américaine, 5 femmes sur 100 opérées pour un problème gynécologique avaient les deux. Les chiffres varient beaucoup selon les études. Si un signe ne colle pas avec le diagnostic que tu as, tu peux demander si l’autre maladie a été recherchée.

Le SOPK est-il lié au poids ?

Le SOPK vient de facteurs génétiques et environnementaux, et ses effets sur la santé existent à tous les poids. La recommandation internationale de 2023 reconnaît que beaucoup de femmes avec un SOPK subissent des remarques sur leur poids, y compris dans les soins, et demande aux soignants de l’éviter.

Comment se fait le diagnostic ?

Pour l’endométriose : tes symptômes, l’examen, l’échographie, et l’IRM si besoin. Pour le SOPK chez l’adulte : au moins 2 critères sur 3 (cycles irréguliers, excès d’androgènes, aspect des ovaires à l’échographie), après avoir écarté d’autres causes. Seul un médecin peut poser ces diagnostics.

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EndoQueen ne pose pas de diagnostic et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

Sources

Une amie hésite entre endométriose et SOPK ? Envoie-lui ce guide et EndoQueen : noter ses signes aide à en parler.

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